Puis j’entendis son pas lourd qui faisait craquer le gravier de l’allée, pendant qu’il se dirigeait vers la porte.
Chapitre V
Pendant les quelques jours qui suivirent l’entrevue où miss Warrender m’avait avoué la haine que lui inspirait le secrétaire, tout alla bien à Dunkelthwaite.
J’eus plusieurs longues conversations avec elle dans des promenades que nous faisions à l’aventure dans les bois, avec les deux bambins, mais je ne réussis point à la faire s’expliquer nettement sur l’accès de violence qu’elle avait eu dans la bibliothèque, et elle ne me dit pas un mot qui pût jeter quelque lumière sur le problème qui m’intéressait si vivement.
Toutes les fois que je faisais une remarque qui pouvait conduire dans cette direction, elle me répondait avec une réserve extrême, ou bien elle s’apercevait tout à coup qu’il n’était que temps pour les enfants de retourner dans leur chambre, de sorte que j’en vins à désespérer d’apprendre d’elle-même quoi que ce fût.
Pendant ce temps, je ne me livrai à mes études que d’une manière irrégulière, par boutades.
De temps à autre, l’oncle Jérémie, de son pas traînant, entrait chez moi, un rouleau de manuscrits à la main, pour me lire des extraits de son grand poème épique.
Lorsque j’éprouvais le besoin d’une société, j’allais faire un tour dans le laboratoire de John, de même qu’il venait me trouver chez moi, quand la solitude lui pesait.
Parfois, je variais la monotonie de mes études en prenant mes livres et m’installant à l’aise dans les massifs où je passais le jour à travailler.
Quant à Copperthorne, je l’évitais autant que possible, et de son côté il n’avait nullement l’air empressé de cultiver ma connaissance.