Il y avait quelqu’un debout dans l’ombre que projetait le chêne.

Tout d’abord je ne pus deviner qui c’était, mais bientôt le personnage remua, et s’avança sous la lumière argentée que la lune versait par l’intervalle de deux branches sur le sentier, et il regarda impatiemment à droite et à gauche.

Alors je vis que c’était Copperthorne, qui attendait et qui était seul.

À ce qu’il paraît, la gouvernante n’était pas encore venue au rendez-vous.

Comme je tenais à entendre autant qu’y voir, je me frayai passage sous les ombres noires des arbres dans la direction du chêne.

Lorsque je m’arrêtai, je me trouvai à moins de quinze pas de l’endroit où la taille haute et dégingandée du secrétaire se dressait farouche et fantastique sous la lumière changeante.

Il allait et venait d’un air inquiet, tantôt disparaissant dans les ténèbres, tantôt reparaissant dans les endroits qu’éclairait la lumière argentée filtrant à travers l’épaisseur du feuillage.

Il était évidemment, d’après ses allures, intrigué et désappointé de ne point voir venir sa complice.

Il finit par s’arrêter sous une grosse branche qui cachait son corps, mais d’où il pouvait voir dans toute son étendue la route couverte de gravier qui partait de la maison, et par laquelle il comptait certainement voir venir miss Warrender.

J’étais toujours tapi dans ma cachette et je me félicitais intérieurement d’être parvenu jusqu’à un endroit où je pouvais tout entendre sans courir le risque d’être découvert, quand mes yeux rencontrèrent soudain un objet qui me saisit au cœur et faillit m’arracher une exclamation qui eût décelé ma présence.