Comment le Thug voyageur était-il arrivé à Dunkelthwaite?
Cette question-là n’a jamais été éclaircie, mais je n’ai pas dans l’esprit le moindre doute à ce sujet, et je suis certain que quand on pose les circonstances, on admettra, comme moi, que son apparition ne fut point un effet du hasard.
Cette secte formait dans l’Inde un corps nombreux et pressant, et quand elle songea à se choisir un nouveau chef, elle se rappela tout naturellement la fille si belle de son ancien maître.
Il ne devait pas être malaisé de retrouver sa trace à Calcutta, en Allemagne et, finalement, à Dunkelthwaite.
Il était sans doute venu l’informer qu’elle n’était pas oubliée dans l’Inde, et qu’elle serait accueillie avec le plus grand empressement si elle jugeait bon de venir retrouver les débris épars de sa tribu.
On pourra juger cette supposition un peu forcée mais c’est la manière de voir qui a toujours été la mienne en cette affaire.
Chapitre VII
J’ai commencé ce récit par la copie d’une lettre; je le finirai de même.
Celle-ci me vint d’un vieil ami, le Docteur B. C. Haller, homme de science encyclopédique et particulièrement au fait des mœurs et coutumes de l’Inde.
C’est grâce à sa complaisance que je suis en état de transcrire les divers mots indigènes que j’ai entendu de temps à autre prononcer par miss Warrender, et que je n’aurais pas été capable de retrouver dans ma mémoire, s’il ne me les avait rappelés.