Chapitre VII
Mars tirait sa fin.
À l’Écluse de Harvey l’éclat aveuglant et la chaleur d’un été des antipodes s’étaient adoucis pour laisser paraître les teintes riches et si bien fondues de l’automne.
Cette localité n’a jamais été agréable à voir.
Il y avait je ne sais quoi de désespérément prosaïque dans ces deux crêtes dentelées, affaiblies, perforées par la main des hommes, avec les bras de fer des treuils, avec les seaux brisés se montrant de toutes parts à travers les innombrables petits tertres de terre rouge.
En bas, l’axe de la vallée était parcouru par la route de Buckhurst, aux profondes ornières, qui faisait ses tours et détours, longeant et franchissant le ruisseau de Harper au moyen d’un pont de bois vermoulu.
Au delà de ce pont se voyait le petit groupe de buttes, avec le Bar Colonial et l’Épicerie dominant de toute la majesté de leur crépissage les humbles demeures d’alentour.
La maison à véranda de l’essayeur s’élevait au-dessus des excavations du côté de la pente qui faisait face à ce spécimen d’architecture menaçant ruine, au sujet duquel notre ami Abe montrait une fierté si peu justifiée.
Il y avait un autre édifice susceptible de figurer dans la classe de ceux qu’un habitant de l’Écluse aurait pu qualifier d’» Édifices publics» en le désignant par un mouvement de la main qui tenait sa pipe, comme s’il avait évoqué une perspective indéfinie de colonnades et de minarets.
C’était la chapelle baptiste, une modeste construction couverte en bardeaux, située près d’un coude de la rivière, à environ un mille en amont du camp.