« La saison est trop mauvaise, les chemins peu sûrs et détestables… Il te faudrait au moins un mois pour y arriver. Tu arriverais malade… »
« Il est impossible que je permette à des femmes un voyage comme celui-ci : mauvais chemins, chemins peu sûrs et fangeux… »
« Je partage tes peines et ne me plains pas. Mais je ne saurais vouloir te perdre en t’exposant à des fatigues et des dangers qui ne sont ni de ton rang ni de ton sexe. »
Cette peinture décourageante des souffrances qui l’attendaient en voyage n’amenait pas Joséphine à la résignation. Elle se morfondait à Mayence.
Pensant qu’alors elle le laissera tranquille, il a hâte de la voir retourner au milieu des plaisirs : « Ton séjour à Mayence est trop triste. Paris te réclame, vas-y, c’est mon désir. »
Et, comme il sait bien que sa femme est aiguillonnée par la jalousie, pour lui rendre toute quiétude, il ajoute : « Je suis plus contrarié que toi ; j’eusse aimé à partager les longues nuits de cette saison avec toi… »
Il a parfaitement conscience de la peine qu’il fait à celle qui a conservé toute son amitié, à défaut de l’amour qu’elle a jadis si légèrement repoussé. Cependant, il la voudrait heureuse, il l’excite encore à retourner à Paris, où sa coquetterie féminine, se donnant carrière, pourra lui faire oublier ses appréhensions.
« J’exige que tu aies plus de force. L’on me dit que tu pleures toujours : fi ! que cela est laid !… une impératrice doit avoir du cœur… »
« Je suis désespéré du ton de tes lettres et de ce qui me revient ; je te défends de pleurer, d’être chagrine et inquiète ; je veux que tu sois gaie, aimable et heureuse. »
« Retourne à Paris, sois-y gaie, contente ; peut-être y serai-je aussi bientôt. J’ai ri de ce que tu me dis que tu as pris un mari pour être avec lui ; je pensais, dans mon ignorance, que la femme était faite pour le mari, le mari pour la patrie, la famille et la gloire… »