Indesinenter ( Pas du tout publiques,

( De gloire pudique

( Environnez-moi.

FÊTES DE LA FAIM
Ma faim, Anne, Anne,
Fuis sur ton âne.
Si j'ai du goût, ce n'est guère
Que pour la terre et les pierres.
Dinn! dinn! dinn! dinn! Mangeons l'air,
Le roc, les charbons, le fer.
Mes faims, tournez. Paissez, faims,
Le pré des sons!
Attirez le gai venin
Des liserons;
Mangez les cailloux qu'un pauvre brise,
Les vieilles pierres d'églises,
Les galets, fils des déluges,
Pains couchés aux vallées grises!
Mes faims, c'est les bouts d'air noir,
L'azur sonneur;
—C'est l'estomac qui me tire,
C'est le malheur.
Sur terre ont paru les feuilles:
Je vais aux chairs de fruit blettes.
Au sein du sillon je cueille
La doucette et la violette.
Ma faim, Anne, Anne,
Fuis sur ton âne.
MARINE
Les chars d'argent et de cuivre,
Les proues d'acier et d'argent,
Battent l'écume,
Soulèvent les souches des ronces.
Les courants de la lande,
Et les ornières immenses du reflux,
Filent circulairement vers l'est,
Vers les piliers de la forêt,
Vers les fûts de la jetée,
Dont l'angle est heurté par des tourbillons de lumière.
MOUVEMENT
Le mouvement de lacet sur la berge des chutes du fleuve,
Le gouffre à l'étambot,
La célérité de la rampe,
L'énorme passade du courant
Mènent par les lumières inouies
Et la nouveauté chimique
Les voyageurs entourés des trombes du val
Et du strom.
Ce sont les conquérants du monde
Cherchant la fortune chimique personnelle;
Le sport et le confort voyagent avec eux;
Ils emmènent l'éducation
Des races, des classes et des bêtes, sur ce vaisseau:
Repos et vertige
À la lumière diluvienne,
Aux terribles soirs d'étude.
Car de la causerie parmi les appareils, le sang, les fleurs,
le feu, les bijoux,
Des comptes agités à ce bord fuyard,
On voit,—roulant comme une digue au delà de la
route hydraulique motrice,
Monstrueux, s'éclairant sans fin,—leur stock d'études;
Eux chassés dans l'extase harmonique
Et l'héroïsme de la découverte.
Aux accidents atmosphériques les plus surprenants,
Un couple de jeunesse s'isole sur l'arche,
—Est-ce ancienne sauvagerie qu'on pardonne?—
Et chante et se poste.


II

POÈMES EN PROSE