UNE SAISON EN ENFER

Nous avons cru devoir faire précéder le texte publié par Rimbaud lui-même, chez Poot et Cie à Bruxelles, d'un morceau trouvé parmi des brouillons de cet ouvrage, le seul, comme on sait, que le poète ait daigné faire imprimer. Ce morceau paraît avoir été un projet de prologue. Entre la date d'inspiration de ce projet, «février, mars ou avril», et celle de l'achèvement d'Une Saison en Enfer, août 1873, le drame de Bruxelles intervint (voy. Jean-Arthur Rimbaud, le Poète) qui aurait fait modifier le premier plan et écarter ce prologue, remplaçé alors par l'avertissement dédicatoire commençant par ces mots: «Jadis, si je me souviens bien».

Paterne Berrichon.


[APPENDICE]

[PIÈCES DOCUMENTAIRES]

NOTICE

Les premières de ces pièces ont été écrites à coups de lectures—nous dirions: prématurées, si le cas de Rimbaud n'était si prodigieux de précocité—sur les bancs du collège de Charleville; et, malgré çà et là de beaux vers d'une saveur très particulière, elles marquent vraiment trop d'influences étrangères. Les autres, faites au cours de premières fugues et laissées en province, chez différentes personnes, furent répudiées par l'auteur en une lettre datée du 10 juin 1871, où, textuellement, il mande à son correspondant: «Brûlez, je le veux, et je crois que vous respecterez ma volonté comme celle d'un mort, tous les vers que je fus assez sot pour vous donner lors de mes séjours à Douai.» Ce n'est donc pas tout à fait arbitrairement qu'elles sont rejetées en appendice.