Car ma communion première est bien passée!
Tes baisers, je ne puis jamais les avoir bus.
Et mon cœur et ma chair par ta chair embrassée
Fourmillent du baiser putride de Jésus...
VIII
Alors l'âme pourrie et l'âme désolée
Sentiront ruisseler tes malédictions.
—Ils avaient couché sur ta haine inviolée
Echappés, pour la mort, des justes passions.
Christ, ô Christ, éternel voleur des énergies,
Dieu qui, pour deux mille ans, vouas, à ta pâleur,
Cloués au sol, de honte et de céphalalgies,
Ou renversés, les fronts des Femmes de douleur.
Juillet 1871.
L'ORGIE PARISIENNE
OU
PARIS SE REPEUPLE
Ô lâches, la voilà! dégorgez dans les gares!
Le soleil expia de ses poumons ardents
Les boulevards qu'un soir comblèrent les Barbares
Voilà la Cité belle assise à l'occident!
Allez! on préviendra les reflux d'incendie,
Voilà les quais! voilà les boulevards! voilà,
Sur les maisons, l'azur léger qui s'irradie,
Et qu'un soir la rougeur des bombes étoila.
Cachez les palais morts dans des niches de planches
L'ancien jour effaré rafraîchit vos regards.
Voici le troupeau roux des tordeuses de hanches,
Soyez fous, vous serez drôles, étant hagards!
Tas de chiennes en rut mangeant des cataplasmes,
Le cri des maisons d'or vous réclame. Volez!
Mangez! voici la nuit de joie aux profonds spasmes
Qui descend dans la rue, ô buveurs désolés,