Après l'achèvement de la porte Saint-Antoine, le nombre des tours fut porté de quatre à six (1383). Les deux dernières furent, édifiées dans l'espace compris entre la nouvelle porte et les deux tours nord du premier ensemble; dans leur courtine[3], sur la rue Saint-Antoine, on ouvrit l'entrée de la Bastille.

Fig. 2. Plan de Paris sous Philippe-Auguste

Enfin, l'ensemble de la forteresse fut complété par la construction des septième et huitième tours, sur le côté sud, c'est-à-dire du côté de l'arsenal. Ce fut entre ces deux dernières que l'on reporta définitivement l'entrée de là forteresse (1553).

Son fondateur en fut le premier prisonnier.

Enfermé d'abord à la Bastille, Hugues Aubriot fut ensuite transféré dans les cachots du For-l'Évêque, d'où les maillotins le tirèrent pour le mettre à leur tête.

En effet, cette forteresse qui avait été édifiée pour protéger la ville fut presque immédiatement transformée en prison d'État (1417).

Thomas de Beaumont allia le premier ses fonctions de gouverneur militaire de la Bastille à celles de geôlier.

Elle eut cependant un rôle militaire très important; d'abord ses machines de guerre et plus tard son artillerie arrêtèrent souvent la marche de l'envahisseur. On la considéra même, sous Louis XI, comme la clef de la capitale.

Comme Paris, elle passa au pouvoir de plusieurs partis, voire même aux mains des Anglais qui, en 1420, en confièrent la garde et le commandement au duc d'Exeter.