Pour parvenir doncques à grant science

Un livre auras qui a nom conscience

Où tu liras choses villes et nettes:

Fuy les ordes, et destruy com si en ce

La mort estoit: pren tout en pacience

Et te repens de tes façons jeunettes;

Mais pour plus cler veoir, te fault lunettes

Qui discernent les blanches des brunettes, etc., etc., etc.

Ces lunettes sont merveilleuses: le verre de droite est la prudence, le verre de gauche est la justice, et ces deux verres sont joints entre eux, sur le milieu du nez philosophe, par un clou qui est la tempérance. J'ai grande foi au clou, pour ma part, ayant lu, dans l'Imitation de Jésus-Christ, ces belles paroles: Frena gulam et omnia vitia frenabuntur. Peu après la description des Lunettes morales et l'indication de leur usage, finit la première partie des Ballades. Une Oraison en prose, intitulée Oraison de l'Acteur (c'est à dire de l'auteur), succède à ces Ballades, et précède un songe également en prose, où les Lunettes jouent leur rôle, mais qui, du reste, est si confus, que l'analyse en serait difficile. Après le songe, le poète nous donne un long et ennuyeux poème octosyllabique, lequel commence ainsi:

Homme misérable et labile