Estre abbés, évesques, prieurs,
Chevaucher très bien les deux sœurs,
Tuer les gens pour leurs plaisirs, etc., etc.»
Veux-tu guérir?—Oui.—Passe, et ne t'arreste en rien—à ces prognostications, etc.—Et vous tous, enfans de Bontemps, soyez, pour plaire au Monde, soyez bavards, ruffiens, menteurs,—rapporteurs, flatteurs, meschants—gents et vous aurez chez lui Bontemps.—Alors on habille le Monde en fou, et la toile tombe.
11. Le mystère du chevalier qui donna sa femme au diable. A dix personnages, assavoir: Dieu, Notre-Dame, Gabriel, Raphaël, le Chevalier, sa Femme, Amaulry, escuyer; Anthénor, escuyer; le Pipeur et le Diable. Ce n'est pas là un vrai mystère, mais, sous ce nom, une farce moralité, du genre de celles que les confrères avaient permis aux Enfans Sans Soucy de représenter. On le reconnaîtra facilement à la nature et à la marche de l'action.—Un Chevalier, ébloui de sa fortune, dépense son bien à tort et à travers avec ses deux écuyers qui sont ses flatteurs et qu'il comble de présens. La Femme du Chevalier est une personne pieuse et sensée. Elle fait en vain à son mari de sages remontrances; on l'envoie promener; on lui dit de se taire; on l'appelle caquetoire: enfin elle est contrainte de se résigner, ce qu'elle fait en s'adressant à la Vierge Marie:
«Haulte dame, dit-elle,
Garde sa poure ame!
Que mal ne l'entame
Dont puisse périr.
Ta douleur réclame