Douzième sermon. Dieu est souverainement libre, et Dieu ne peut pas pécher. Donc il y a des impossibilités qui n'enchaînent pas la liberté. Dieu est infiniment puissant, et pourtant Dieu ne peut s'anéantir lui-même, ni faire qu'une chose soit à la fois et ne soit pas. Or, il a donné à l'homme la liberté de certains actes; donc il n'a pu lui ôter en même temps cette liberté par sa prescience: autrement il aurait produit à la fois les contraires, ce qui ne se peut concevoir. En veux-tu savoir davantage, mortel insensé? tu me représentes un affamé qui, devant une nourriture exquise, se consumerait à chercher comment elle a été préparée.
Treizième sermon. En attribuant à Dieu toutes ses actions, en vertu de la prescience divine, on raisonne ainsi: je pécherai ou je ne pécherai pas. Si je pèche, il était nécessaire que cela fût; sinon, il est impossible que cela soit; dans les deux cas, peu m'importe; au lieu qu'il faudrait dire: je ne pèche pas parce que Dieu a prévu que je pécherais; mais Dieu a prévu que je pécherais parce que je pèche.
Quatorzième sermon. Rien de nouveau. Toujours le même argument appliqué à la négation de saint Pierre. Ici Bernard Ochin se rue dans le vide, et l'on s'en aperçoit à l'épuisement de ses forces.
Quinzième sermon. Dieu ne saurait vouloir le mal, 1o parce qu'il est parfait; 2o parce que le mal n'est rien que l'absence du bien. Or Dieu ne saurait créer la privation, comme il ne fait pas les ténèbres, se bornant à faire la lumière dont les ténèbres sont l'absence, etc., etc. O vanas hominum mentes!
Seizième sermon. La grace ne manque pas à ceux qui la demandent; surtout, ajouterai-je, à ceux qui n'examinent point s'ils en ont besoin pour la demander; si, étant nécessaire à tous les hommes, elle est ou non donnée à tous les hommes; si l'homme est un être libre du premier ou du deuxième ordre et autres curiosités pareilles.
Dix-septième sermon. Ascétisme, mysticisme d'une tête perdue.
Dix-huitième sermon. De pire en pire.
Dix-neuvième et dernier sermon. Bernard Ochin se relève dignement, par ce dernier effort, en indiquant la docte ignorance comme le seul chemin qui puisse conduire l'homme hors de tous ces labyrinthes. Socrate, dit-il, si laborieux, si désireux de connaître les secrets naturels, ne se vantait que d'une chose, de savoir qu'il ne savait rien; et nous, hommes vulgaires, nous prétendons découvrir les secrets de Dieu! Jamais nous ne saurons de ces mystères que ce qu'il nous en aura révélé, et jamais il ne nous en révélera que ce qui peut nous être utile. Or, comme il ne nous a point révélé si nous étions libres ou non, du premier ordre, de quelle manière notre volonté se formait pour choisir et pour agir, il en faut conclure que ce savoir nous est inutile. Ceux qui ne se croient pas libres tombent dans le vice de l'oisive indifférence, et ceux qui se croient libres dans le vice de la confiance orgueilleuse. Le mieux est de combattre ses mauvais penchans selon les lumières de sa conscience, en sachant, du reste, ignorer. N'entrons pas, pour étancher notre soif, dans les abîmes de la prédestination, de la prescience et du libre arbitre; mais désaltérons-nous, comme les saints de l'Eglise primitive, dans les eaux pures de l'amour divin; car ce n'est pas l'office d'un vrai chrétien de sonder les profondeurs de la science divine.
«La vita nostra e si fugace, e breve, e la morte si certa e l'ora incerta, che l'occuparsi negli studii di quelle cose che non servano a edificarci, ma intrigando, generando questioni, contentioni, odii, discordie, e detrattioni, non può farsi senza disprezzo della nostra salute, di Dio, e del gran beneficio del Christo. Lo Evangelio e un cibo spirituale dell' anima si delicato, che facilmente si corrompe con le dottrine vane, nelle quali, quelli che vi si dilettano, mostrano si non l'haver perfettamente gustato.»
«Notre vie est si courte et si fugitive, notre mort si certaine, notre instant fatal si incertain, que consumer le temps dans la recherche de ces choses qui, sans profit pour l'édification, n'engendrent que difficultés, haines, disputes et discordes, montre un grand mépris de Dieu, du salut et des mérites du Christ. L'Evangile est un aliment de l'ame, d'une telle délicatesse, qu'il se corrompt soudain au souffle de ces doctrines vaines qu'on ne saurait aimer sans faire voir qu'on n'a jamais goûté la nourriture céleste.»