2o. Pierre Caron ou Le Caron. 1474. Ce fut lui qui imprima l'Aiguillon de l'Amour divin, que Maittaire croit être le premier livre imprimé en français. On voit un Guillaume Caron, probablement de la même famille, figurer, de 1481 à 1491, parmi les imprimeurs de Paris. Remarquons, au sujet de la traduction du livre de Saint Bonaventure, citée ici, que M. Brunet y a vu la date de 1494. Nous nous en rapportons, pour ces détails, à ce qui en est.

3o. Pascal Bonhomme. 1476. Un Jehan Bonhomme imprimait aussi à Paris, de 1486 à 1489. Pascal ou Pasquier Bonhomme est surtout fameux par son édition des Grandes Chroniques de France, dites les Chroniques de Saint-Denis. (Voir, à ce sujet, la [note 9].)

4o. Antoine Vérard. 1480-1517. C'est le prince des imprimeurs en gothique française. Les éditions qu'il a données sont aujourd'hui toutes d'un grand prix. Quelques uns ont prétendu qu'Antoine Vérard ne fut qu'un libraire faisant imprimer; mais qu'est-ce que quelques uns n'ont pas prétendu? Encore une occasion de s'en rapporter, dans le doute, à ce qui en est.

5o. Jehan du Pré, Jehan Belin. 1481-93.

6o. François Regnault. 1481-1500-1539. Il imprimait en fort beau gothique. Nous avons de lui un exemplaire du Confessionale Anthonini, pet. in-12 à deux colonnes et 255 feuillets, plus 5 feuillets de table. Paris, 1510, avec frontispice gravé, figurant le chiffre de l'imprimeur, supporté par un berger et une bergère, avec cette légende: En Dieu est mon espérance.

7o. Denys Janot. 1484-1539. Nom célèbre dans les annales de la presse parisienne, plus par la multiplicité de ses titres que par leur supériorité. Denys Janot imprimait ordinairement en gothique. On a de lui plusieurs romans de chevalerie, tels que le Méliadus de Leonnoys, in-fol. de 1532; et, en société avec Alain Lotrian, le livre de Sydrah le grand philosophe, Fontaine de toutes sciences, in-4, à l'enseigne de l'Ecu de France. Une de ses meilleures productions est en lettres rondes, in-8, 1539; c'est la traduction française des Triumphes petrarcques.

8o. Wolfgand Hopyl. 1489-98.

9o. Philippe Pigouchet. 1484-1512. Homme de grand talent. Un des chefs-d'œuvre de son officine est le livre de Jehan Meschinot, intitulé: les Lunettes des Princes, in-8, gothique, 1499, avec son nom, et son chiffre au frontispice, représentant Adam et Ève.

10o. Godefroy Marnef. 1491-98. Encore un nom typographique notable, porté par plusieurs individus de la même famille. On voit un Enguerrand de Marnef imprimeur en 1517; un Jehan de Marnef, en 1524; et une Jeanne de Marnef, en 1546, rue Neuve-Nostre-Dame, à l'enseigne Saint Jean-Baptiste. Cette dernière imprima les Trois nouvelles Déesses, Pallas, Juno, et Vénus, poème courtisanesque de François Habert, dit le poète de Berry. Sa devise est: Nul ne s'y frotte, devise qui convient également aux anciennes et aux nouvelles déesses.

11o. Jehan Trepperel. 1494-98. Nous possédons, de cet habile imprimeur, un poème anonyme, intitulé: le Renoncement d'Amours, très nettement imprimé en gothique, avec figures sur bois, in-8. L'ouvrage est terminé par le chiffre de Jehan Trepperel, supporté par deux lions, surmonté de l'écu de France. Le même a donné, entre autres beaux ouvrages, les deux Testamens de Villon, in-8, gothique. 8 juillet 1497.