Resplendissante et déaurée
Toute construite et décorée
De belles pierres précieuses
Reluisantes et vertueuses
Laquelle mon père vous donne, etc., etc., etc.
Nous laissons de côté la conversion de l'eunuque de la reine éthiopienne Candace, opérée sur le chemin de Gaza, par saint Philippe, ainsi que bien d'autres miracles petits et grands, pour ne point quitter le fil principal. Il suffit de rappeler que déjà, dans ce second Livre, tous les apôtres sont à l'œuvre.
La mission de saint Thomas aux Indes fait presque tous les frais du troisième Livre. Le roi d'Inde Gondoforus, voulant se bâtir un beau palais à la romaine, a député son prévôt Abanès pour chercher un architecte à Rome. Saint Thomas, qui se comprend sans être d'abord compris, promet d'élever au roi un édifice de beauté non pareille. Il entend par là convertir le roi d'Inde et ses sujets, et commence par convertir Abanès, puis la fille du roi, dont mal pense lui advenir. Gondoforus se rend à la fin lui-même, et reçoit le baptême. Ce Livre, au total, est le plus traînant des neuf et le plus chargé d'incidens oiseux. Il y a pourtant une belle situation; la voici: quand le roi d'Inde, qui a donné beaucoup d'argent à saint Thomas pour la construction de son palais, voit que l'argent a disparu sans que le palais soit même commencé, sa fureur est grande; saint Thomas va payer de sa tête; mais l'apôtre a donné tout l'argent aux pauvres du royaume; il peut donc répondre:
«Sire....., j'en ay édifié
Un palais clair et glorieux
Pour vous.