Le troisième traité, des Songes, est une des moins sottes onirocrities que nous connaissions; l'avant-propos mérite d'être lu. L'auteur y distingue cinq espèces de songes, savoir: le Songe, proprement dit, qui offre un sens caché sous des formes allégoriques; la Vision, ou représentation fidèle de ce que nous verrions si nous venions à nous éveiller; l'Oracle, qui est une révélation émanée de Dieu même; la Rêverie, qui nous fait posséder illusoirement dans le sommeil ce que nous avons désiré en veillant:

........Mens humana quod optat

Dum vigilat sperans, per somnum cernit idipsum;

et enfin l'Apparition, ou la présence des fantômes pendant la nuit.

Pour qu'un songe ait de la consistance et soit digne d'interprétation, il faut qu'il se forme après minuit, ou au petit jour, à l'heure où la digestion est finie.

Suivent plusieurs exemples des cinq espèces de songes puisés dans l'histoire tant sacrée que profane; après quoi l'onoricrite range son explication des songes sous les lettres A. B. C. D. E. F. G. (H. I. K. n'ont rien); L. M. N. O. P. (Q. n'a rien); R. S. T. V. (X. Y. Z. n'ont rien). Ainsi arbre (monter sur un) signifie honneur à venir. Avoir des verges signifie joie. Baiser quelque vivant signifie dommage. Baiser un mort signifie longue vie. Manger charogne veut dire tristesse, etc., etc. Consultez Mathieu Lansberg pour le reste, à défaut de Wulson de la Colombière, qui est plus complet toutefois et entend mieux raison.

Ce livre n'est rien moins que commun.


LA DÉVOTION AISÉE,

Par le P. Le Moine, de la compagnie de Jésus (1 vol. pet. in-12 de 198 pages, plus 19 feuillets préliminaires.) Deuxième édition. A Paris, chez Jacques Courtin, en la grand'salle du Palais, au cinquième pilier, à l'Escu de France, avec cette épigraphe: «Jugum meum suave est, et onus meum leve.» M.DC.LXVIII.