Le stoïcisme épicurien que Deslandes a professé dans ses Réflexions, il le reproduit dans les poésies qui les suivent; mais c'est un chant dont les paroles ne valent pas mieux que l'air. J'en dirai autant des vers du sieur de la Chapelle et des autres poésies libres ou non, insérées dans ce recueil, sauf le fameux sonnet de l'Avorton, pourtant qui est digne de sa réputation.
A l'égard des épitaphes qui enrichissent la seconde édition, et sont prises de tout côté, il y en a cinq ou six d'excellentes, mais très connues, telles que celles du poète Maynard: «Las d'espérer et de me plaindre»; de Colas: «Colas est mort de maladie, etc.;» de La Fontaine: «Jean s'en alla, etc.;» de Regnier: «J'ai vescu sans nul pensement, etc.;» et deux ou trois autres plus ignorées, que je rapporterai, parce qu'elles me paraissent bonnes.
EPITAPHES.
I.
D'une femme publique.—On l'a trouvée au cimetière des Innocens, à Paris.
Ci-gît Paquette Cavilier
En son petit particulier.
II.
D'un Curé.—La traduction française est de l'auteur.
| Hic malè jacet Et benè tacet Magister Rochus, Noster parochus Qui non divini Cantus, sed vini, Nec animarum, Sed fœminarum, Tunc cum vivebat, Curam gerebat. Viris amatus, Eo quod bibax; Fœminis gratus, Eo quod salax; Illi bibaces Illum bibacem, Vellent sub tecto; Illæ salaces Illum salacem Vellent in lecto; Sed neutris adest, Nàm clausus hic est. | Dans cette fosse Notre curé Roch de la Crosse Gît enterré, Qui n'avait cure Du chant divin, Ni d'écriture, Mais de bon vin. Au soin des ames Vaquant fort peu; Jouant beau jeu Avec les dames. D'elles chéri Pour la couchette, Et du mari Pour la buvette; Mais ni cocus Ni leurs femelles De ses nouvelles N'entendront plus; Car dans la terre, Sous cette pierre, Il est reclus. |