D'arsenal de chagrins, magasin de travaux,

.............. L'épitome, à bien prendre,

Où les lignes d'ennuis se viennent toutes rendre?»

Que de voir, dans chaque mari, un vrai marguillier de Saint-Pierre-aux-Bœufs ou un confrère de Saint-Innocent?

Que de peindre les époux tirant d'ordinaire chacun de leur côté, et se mettant ainsi en hasard

«.............. Aux Bordeaux et estaples

De gagner, par argent, le royaume de Naples...»

C'est à dire le mal vénérien?

Que de reprocher aux femmes l'épuisement des hommes, quand il arrive à ceux-ci d'avoir abusé d'elles?

Que de les taxer de n'être bonnes à rien, pas même à perpétuer l'espèce humaine, attendu qu'elles ont besoin de nous pour cela? enfin, que de débiter mille autres sornettes pareilles? La satire, toute amie qu'elle est de la mordante hyperbole, demande plus de bon-sens et de vérité; néanmoins Courval-Sonnet, au total, est un honnête homme, il remplit une des premières conditions morales du poème satirique, trop négligé des maîtres du genre, celle de poursuivre les vices en épargnant les vicieux; car, bien qu'il ne ménage rien, il ne nomme personne. Son style d'ailleurs est facile et naturel dans son prosaïsme; aussi n'est-il ni fatigant, ni ennuyeux, quoique trop abondant; on doit passer beaucoup à l'auteur, en considération du temps où il écrivait; mais je ne saurais, pour mon compte, lui passer, premièrement, d'avoir comblé la mesure de la flatterie dans sa dédicace en prose à la reine Marie de Médicis; secondement, d'avoir tant de juste indignation sans verve: c'est justement tout l'opposé de l'immortel Despréaux qui avait bien de la verve et même de la malignité sans indignation. Juvénal et Regnier avaient de l'une et de l'autre.