Septième journée.—Description grossière de l'arrière-faix de l'Accouchée. Lardon sur messire Pierre, curé de Saint-Médéric (Méry) de Paris, lequel est sujet à dire son bréviaire pour mademoiselle de la Garde. Répétition du conte des deux femmes que leurs maris suivirent en secret à un prétendu pélerinage, à Notre-Dame-des-Vertus, et qu'ils surprirent en action dans un cabaret, avec deux jeunes avocats. Caquetage de galanteries et de vanités bourgeoises avec les noms propres.

Huitième journée.—Caquetage pour défendre les caquets précédens, et l'indiscrétion de celui qui les a écrits. Autres caquetages galans. Le tout finit par une collation en l'honneur des relevailles de l'Accouchée.


NICÉTAS,
OU
L'INCONTINENCE VAINCUE;

Par Hiérémie Drexélius, de la Compagnie de Jésus. A Cologne, chez Corneille Egmondt, traduit du latin. (1 vol. in-24 de 202 pages et 5 feuillets préliminaires, figures.) M.DC.XXIV—XXXI—XXXIV.

(1624-31-34.)

On voit partout que l'auteur latin du Nicétas, recommandable par ses vertus, prédicateur de l'électeur de Bavière, était originaire d'Augsbourg, qu'il mourut à Munich, le 19 avril 1638, à 57 ans; que la Collection de ses œuvres, toutes de piété, forme 2 volumes in-folio, Anvers, 1643, et que ces mêmes œuvres imprimées de 1630 à 1643, en opuscules détachés, occupent 30 volumes in-24; mais ce qu'on ne voit pas partout, c'est l'analyse du Nicétas, que personne ne lit plus probablement depuis cent ans, hors peut-être quelque rhétoricien vertueux de quelque collége de jésuites. Comme il faut toujours que les jésuites, soit en latin, soit en français, allemand, italien, espagnol ou portugais, traitent les hommes en enfans, voici que, dès la dédicace de son traité de l'Incontinence vaincue, adressée à ses confrères de Munich, Dillengen, Augsbourg, etc., etc., le père Drexélius s'excuse de la petite dimension de son œuvre sur la faiblesse de l'esprit humain, trop infirme, dit-il, pour supporter de grosses viandes et ne pouvant soutenir que de petits bouillons. C'est donc un petit bouillon de continence qu'il administre à ses malades, un petit remède réfrigératif qu'il leur fait humer et leur coule insensiblement dans l'ame, après l'avoir toutefois préparé durant neuf ans entiers, selon le précepte d'Horace, à ce qu'il nous assure. Voyons maintenant quel est ce bouillon si bien mitonné! C'est un Dialogue entre Parthénie et Edésime, divisé en deux livres, très méthodiquement: le premier contenant douze chapitres, pour dégoûter de l'incontinence par le tableau des vices qui la causent et des effets qui la suivent; le second, en onze chapitres, où le lecteur apprend comment la continence s'obtient, et le prix qu'elle reçoit. Un jeune Egyptien, enchaîné par un tyran, avec des lis et des roses sur un lit de fin duvet, livré, dans cet état, à la plus charmante et la plus adroite des courtisanes, et qui sort vierge d'une si rude épreuve, après s'être coupé la langue avec ses dents et l'avoir crachée au nez de l'impudique, cet incomparable Nicétas sert de titre au présent opuscule, et devrait en être le héros; mais il n'est guère question de lui que dans le préambule et les deux vignettes du livre; partout ailleurs l'auteur met à contribution, par la bouche de ses interlocuteurs, les PP. de l'Eglise, l'histoire sacrée et profane, ancienne et moderne, voire même les philosophes, pour y trouver des raisons et des exemples favorables à son louable dessein; non sans rencontrer, de temps à autre, des historiettes graveleuses qui ne vont guère directement à leur but. L'aventure si édifiante de l'Egyptien Nicétas est tirée de saint Jérôme; à peine Parthénie l'a-t-il racontée, qu'Edésime s'écrie: «O ciel! ô terre! ô mer! qu'est-ce que j'entends? S'est-il jamais rien vu de pareil?...» Et, sur ce, voilà nos discoureurs partis, sans presque plus songer à Nicétas, pour battre les buissons en tout sens, et dire toutefois, dans le nombre, des choses très justes et fort sages, mais que chacun s'est dites cent fois. L'ouvrage, nous le répétons, ne manque pas de méthode; il roule, en entier, sur le développement de trois distiques latins dont voici le sens: Quelles sources de l'incontinence?—L'oisiveté, la table, les mauvaises lectures, les regards, les discours, les sociétés.—Quels effets de l'incontinence?—La ruine du corps, de l'ame, de l'esprit, des mœurs, de la fortune et de la réputation.—Quels préservatifs de l'incontinence?—Les bons livres, la prière, le travail, la confession, la discipline et l'eau, la garde des sens, et la présence de Dieu. Nous n'excepterons de ces excellens antidotes que la discipline et l'eau, qui, à notre avis, peuvent aussi bien ruiner que garantir la chasteté; sans néanmoins proscrire l'usage de l'eau, tant s'en faut! mais en interdisant, sans rémission, la discipline, avec les plus sages docteurs. Il y a bien de l'érudition dans ce livre; les citations et les anecdotes y pullulent; mais, par malheur, le tout est assaisonné du plus mauvais goût. A quoi revient, par exemple, de définir l'oisiveté, une saulce au beurre et à la poix-résine faite par le diable? de rappeler ce dicton populaire pour éloigner de l'intempérance, après la pance vient la danse? de comparer l'impureté d'un mauvais livre, bien écrit, à une araignée dans une coupe d'or? de qualifier les langues lascives de bouches puantes? d'avancer qu'un bel esprit dans un corps impudique est un corbeau blanc? enfin de figurer l'éternité par l'image d'un oiseau prenant une becquetée d'eau dans l'Océan tous les mille ans, épuisant ainsi les fleuves et les mers avant que l'éternité soit même commencée? Le mot seul d'éternité en dit plus que cette image puérile; mais quoi! les hommes ne sont-ils pas des enfans à qui l'on doit servir de petits bouillons jésuitiques si l'on veut les mener à bien? Non, messieurs, les hommes ne sont pas des têtes à bourrelet, comme vous le dites; parlez à leur imagination avec art si vous leur voulez plaire; parlez à leur raison sérieusement si vous prétendez les instruire; et, pour assurer leur continence, puisque c'est de cela qu'il s'agit, fiez-vous moins à ces contes ridicules de jeunes gens, qui, enchaînés avec des fleurs, sur des lits parfumés entre les bras de la beauté voluptueuse, se coupent la langue avec les dents et la leur crachent au visage, que sur une éducation sévèrement religieuse et sensée, sur l'exercice d'une profession honnête, sur le mariage et la paternité!


LE CAVEÇON DES MINISTRES,

Essayé pour la deuxième fois en la personne de Jean la Faye, ministre de Gignac, avec la réplique au libelle dudit Jean la Faye, intitulé: Beau moyen de discerner la vraye Eglise d'avec la fausse, tiré d'une conférence entre Jean la Faye, ministre, et Alexandre Regourd, jésuite, à MM. les catholiques du diocèse de Béziers. A Béziers, par Jean Pech, imprimeur du roy: Avec privilége. (Pet. in-8 de 158 pages et 4 feuillets préliminaires.) M.DC.XXVI.