— Il sera beau, tu dis vrai, pour encourager ceux qui peinent.
— Il allègera notre tâche, dit l'âne.
— Bien plutôt, il enchantera ma dure tâche en me montrant la fin du sillon. »
La mère caressait une boucle dorée sur la tête de l'enfant.
« Il sera pitoyable, dit l'âne, à ceux que la vie afflige : à la bête tombée, à l'homme perclus, à la femme enceinte, à l'enfant abandonné.
— A ceux-là, dit le bœuf, il donnera une raison de subir leur peine ou de s'en défaire, à la bête de se relever, à l'infirme de se guérir, à la femme de porter son ventre, au petit de retrouver sa route perdue. »
L'enfant dormait ; sa mère le berçait de nouveau.
« Ah! dit l'âne, si ce fier cavalier devait m'enfourcher un jour, jamais, malgré le chemin caillouteux, la charge lourde et la foule hostile environnante, jamais je ne trébucherais!