Ses parents avaient agréé son choix, après quelques discussions tenues en famille, sans aigreur. Ce premier mariage qui les gênait tant, dont Alger s’était tant occupé, devait, à vrai dire, les trois quarts de sa notoriété à la qualité basse du mari. On finit par en tomber d’accord. Le capitaine au long cours ayant eu le bon esprit de décéder au loin (et la peste n’est-elle pas une mort infamante, une punition ?) on oubliait le regrettable divorce. — Cigogne fut heureux.
« Ah ! que je l’aimais ! » s’écria-t-il.
Et, d’une voix tout à fait rauque et basse, il ajouta :
« Ah ! que je l’aime ! »
Vraiment, je commençais à le savoir.
Peu de temps après son mariage, ses parents étant morts, Cigogne vint s’installer en France. Dès qu’il me l’eut appris, il tourna court, ne me parlant plus que de ses travaux de chimie, très absorbants.
— Tu me disais que tu t’intéressais à autre chose, que tu écrivais…
— Oh ! ce n’est qu’un passe-temps pour moi, pour moi seul. Et puis, ma femme aime bien les livres, certainement, mais elle aime mieux l’ordre et, que veux-tu ! mes notes traînent. D’ailleurs, ça ressemble toujours à quelque chose que j’ai lu ; alors, je déchire.
— Tu me présenteras chez toi, un de ces jours, mon vieux ? » demandai-je.
Il eut encore un regard stupide, presque scandalisé, puis, après un silence, il murmura :