— Bah !

— Qu’avais-tu besoin de ton revolver, de ta montre ?

— J’allais… tu avais raconté tant de choses !… j’allais partir. »

Sa voix est toujours très calme.

« Partir ? Mais pour où ça ? nom de Dieu !

— Partir pour n’importe où, loin, je te l’ai déjà dit. En tout cas, partir pour tout de bon.

— Imbécile ! tu aurais été ramené avant l’aube, et de quelle façon !

— Je voulais partir, aller là-bas où il y a ce que tu disais, où il y a les belles choses que tu disais.

— Tu sais, mon vieux, par les temps que nous vivons, ce n’est pas partir, ça, c’est déserter ! »

Il lui fallut un long moment de réflexion silencieuse avant de comprendre. J’aurais voulu voir son visage pendant qu’il reprenait conscience, mais la lune n’éclairait pas assez.