Ils allaient donc la brûler aussi ? Jacquot comprenait de moins en moins. Le soldat qui maniait la hache la passait, de temps à autre, à l’un de ses deux camarades et s’essuyait le front.
« Tu sais pas pourquoi qu’on la brûle ! Eh bien, moi je sais ! Le major, il m’a dit. C’est rigolo.
— C’est rigolo ! c’est rigolo ! tu trouves ça rigolo, toi ! Le pauvre bougre ! heureusement qu’il t’entend pas ! T’es vache, Michel !
— C’est toi qui es vache ! je voulais pas dire ça, voyons ! je veux dire que c’est rigolo la raison pourquoi on la brûle !
— Dis-la donc, puisque tu la sais, la raison !
— Voilà ! Le major a expliqué qu’il voulait qu’on brûle le machin tout de suite, et qu’on en mette une neuve. Tu comprends, il disait pas ça à moi, il disait ça au colon.
— Oui, mais la raison ?
— La raison, eh bien, la raison… c’est un mot que j’oublie, mais ça voulait dire que quand il y avait une sentinelle dans une guérite où il était arrivé des choses comme pour Leduc…
— Eh ! Michel ! interrompit brusquement un autre soldat, tourne la grosse planche ! on voit encore une tache ! C’est pas propre et il y a quelqu’un qui regarde. »
Quoi ? Qu’y avait-il de « pas propre ? » La planche du fond, qui portait une tache rousse ? C’était donc que la guérite semblait sale qu’on la brûlait ? Quelle singulière idée !