C’était, au crépuscule, sous les pins. Heure grise : une poussière de jour brillait encore au sein de l’ombre, mais, bientôt, s’épaissirait le soir.

« Hélène ! Ayez pitié de l’enfant !… Oh ! vous pleurez !

— Oui, Georges ! mais je pleure sur moi ! L’enfant ne m’aime pas ! l’enfant ne m’aime plus ! Jadis, il jetait ses bras autour de mon cou, et me serrait si fort ! Oh ! je me rappelle tant de petits gestes que jamais je ne vois, aujourd’hui ! Il caressait mes mains, il disait : « Maman ! c’est bon ! c’est doux ! » Il me racontait des histoires folles et charmantes… mille autres choses ! Et la tendresse de son regard ! Maintenant, il n’y a, dans ses yeux, que de l’étonnement, ou de la gêne, ou presque de la peur ! Mon ami, mon ami, je n’ose plus l’embrasser !

— Ma pauvre Hélène !

— Georges, je suis trop malheureuse ! Mon amour ! je n’ai que toi ! »

Elle se blottissait contre lui, et, le visage levé, tendait ses lèvres.

« Chéris-moi ! console-moi ! »

Georges Périer l’éloigna lentement, d’un geste tendre :

« Chérissez-le, Hélène ! consolez-le ! »

XXI