Pourquoi lui demandait-on cela ?
M. Laurenty s’était approché :
« Et moi, tu m’aimes aussi, mon gros garçon ?
— Bien sûr, Papa ! »
Et il rit, comme d’une plaisanterie.
Son père, s’il avait dit une sottise, se fût senti moins gêné. Il semblait que l’enfant se défendait contre eux. Fallait-il donc apprendre à se faire aimer par son propre fils ?
Mme Laurenty posa des questions à Jacquot. Il répondait avec calme, de façon polie, un peu trop polie. De temps en temps, le père hasardait un mot. Que fallait-il faire ? Lui donner quelque chose ? Mais que désirait-il ? Lui parler ? Mais de quoi ? de quel sujet ? A quoi s’intéressait ce petit étranger que sa mère ne savait pas bercer et qui riait des paroles de son père ?
Mme Laurenty venait de s’apercevoir que les souliers poussiéreux de Jacquot salissaient sa jupe blanche. D’une voix très douce, elle le lui fit remarquer :
« Va te changer, mon petit ! »
Pour atténuer encore la phrase, elle aurait aimé embrasser l’enfant, pour qu’il ne pût croire à un reproche, mais Jacquot s’était si vite dégagé !