Tu n'as même pas attendu que ta mère ou quelque vieille te prostituât, car, dès ta petite enfance, tu faisais signe à chacun, et tu regardais, en égratignant tes cuisses maigres, les garçons nus, durant la baignade.
La nuit, tu courais comme une bête, dans le petit bois de palmiers, en jappant ton amour, et l'arbre devenait ton amant, et la plante, et la terre.
Je te déteste, car ton âme est une ordure, ton corps est un fléau!
Te souviens-tu de ce Kabyle qui se pendit devant ta fenêtre parce qu'il t'aimait trop, et se balançait au matin, marchant sur l'air?
Tu pleuras tout un jour; le remords ne te quittait plus! mais comme tu sus bien le chasser, en attirant sur ton lit le fils de cet homme, un bel enfant qui lui ressemblait!
Et c'est pour toutes ces choses que je te jette hors de moi! que je te crache! et que je cherche une fontaine assez fraîche pour me laver de tes impuretés.
Tu souris!... Oh! pardon! pardon!... Vois, je t'embrasse, je te caresse... Déjà ton ventre s'émeut et, dans ta gorge, se gonfle un soupir qui est aussi un roucoulement.
Viens! viens! la lune est presque éteinte, je sais un bosquet sombre, de moi seul connu, où je te pénétrerai.