Vous savez pleurer, vous savez rire, parfois, vous savez aimer, vous saurez mourir, je pense, mais être obscène n'est pas de votre fait,—non, ma chère amie, pas du tout.


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FEHL YASMÎN

Pétale du soleil! âme des palmes! grain d'ombre musquée! délice de mon œil! pourquoi tordre tes bras et pourquoi verser tant de pleurs?

Oui, je te quitte, mais puis-je croire que tes regrets dureront plus d'un jour? Demain matin, je gage que tu te réveilleras en riant!

N'imite pas les dames françaises qui font des manières pour célébrer un amour qui naît, qui meurt ou qui s'interrompt! «Baise m'encor, rebaise-moi et baise», comme disait Louize Labé, lionnoise... (ne te soucie pas d'elle: je ne l'ai point connue)... et, maintenant, quittons-nous!

Tout là-bas, je sais une autre face dont la pâleur m'inquiète. Pour elle, je renonce à voir les fêtes du soleil, et le mouvement des palmes, et tes danses, ma brune amie! La rose amoureuse, lointaine et délaissée, dont je chéris le doux éclat, risquerait de mourir, au lieu qu'un jasmin refleurit toujours.

Ne sois point jalouse, maîtresse des siestes chaudes et des trop courtes nuits!... auprès de celle que j'invoque et vais rejoindre, tu paraîtrais, petite, un peu noiraude!