« Oui, je vois assez bien l’effet. Au revoir, Persane ! Venez sans faute à l’atelier, dès votre retour. »

Il partit.

« Retournez-vous, Madame ! » cria Sylvius à la fille du roi de Thèbes.

Mais la fille du roi de Thèbes ne broncha même pas.

« Ah ! le vilain petit rapin ! »

Au même instant, un gardien étant venu le prier, sans courtoisie, de ne plus parler aux tableaux, Sylvius rougit et quitta le musée.


Le soir était venu ; il dîna, la bouche sèche, l’âme troublée. Vers dix heures, il se rendit dans un café-concert qu’il fréquentait communément. Le spectacle était comme à l’ordinaire. Une aimable enfant agita ses jupes sans grâce ni pudeur et poussa des cris pointus. Un soldat vint conter une histoire gaie. Il ne savait que faire de ses mains gantées et semblait, en marchant, participer à une course de sacs. Plus tard, une vieille dame vanta le retour des hirondelles. Six acrobates gras se tordirent diversement, enfin, il y eut un ballet où d’innombrables filles balancèrent leurs jambes, suivant les indications des clarinettes. Et ce fut tout. Chacun riait.

Dans un coin de la scène, Sylvius crut voir une danseuse dont le visage était agréable. Il l’attendit à la sortie et l’accosta.

Une heure après, tandis qu’elle soupait assez voracement, il se disait qu’à tout prendre elle n’était rien moins que laide, mais que, d’autre part, le temps pressait. — Voulait-elle l’accompagner en voyage. — Non : son engagement, le dédit, un vieil ami, sa mère… Non, elle ne voulait pas. Il lui mit dans la main un peu d’or, comme dans les romans et, poursuivi d’injures il s’en alla.