Celui-ci dévorait Brissac d'un regard ironiquement triomphant qui signifiait:

—Te voilà pris! tu avais donné ici rendez-vous à M. d'Auvergne. Je m'y trouve. Comment vas-tu sortir de là?

Brissac le devina et se dit:

—Attends, imbécile; puisque tu prends ainsi le change, je vais te faire voir du pays. Et j'ai trouvé mon moyen.

Cependant, toute la maison était en émoi de cet événement, Mme d'Entragues n'entendait pas raillerie sur le cérémonial. Ses gens s'occupaient donc à recevoir M. d'Auvergne en prince.

Henriette faillit s'évanouir de rage à ce nouveau contre-temps; mais il lui fallut surmonter tout cela pour accompagner Mme d'Entragues.

Celle-ci, pareille à une statue assise qui se dresserait sur son siège, se leva pour aller à la rencontre de son fils. Le cérémonial de la maison de France veut que la reine aille aussi au-devant de son fils roi.

L'Espagnol voyant Brissac immobile, le crut déconcerté; il se rapprocha donc hypocritement pour lui dire:

—Trouvez-vous convenable, monsieur, que nous demeurions dans la société du colonel général de l'infanterie royaliste?

—Ah! en temps de trêve, répliqua Brissac, jouant la naïveté.