—Apporte les cerises et les groseilles.

—Peste, fit le toi avec une grimace, quelle chère-lie!

—Nous avons du gâteau, mon roi, un gâteau léger, croquant comme
Gratienne les sait faire.

—Du gâteau!… mais c'est complet.

—Et … oh! mais c'est une friandise, il faut la pardonner, sire, nous sommes gourmandes. Il y a une petite fiole de liqueur de noyau: comme vous allez vous régaler!

Le roi sentit frémir son robuste appétit de chasseur et de guerrier. Un frisson lui passa sur la peau à l'aspect des cerises purpurines amoncelées sur une assiette, et surtout des groseilles au parfum aigre, et dont les grappes rouges et blanches brillaient à la lumière comme un fouillis de rubis et de topazes.

La table était mise. Henri offrit un morceau de gâteau à Gabrielle; il en prit un lui-même en soupirant.

Elle le regarda et comprit:

—Sotte que je suis! dit-elle; le roi a faim, et je lui offre un repas de fille!

—La plus belle fille du monde, ma Gabrielle, répondit Henri, ne peut offrir que ce qu'elle a.