—Où vous tomberiez seul, sire, non pas. Je vous porte de l'amitié, je veux votre salut, et le veux d'autant plus opiniâtrement, qu'en vous sauvant je sauve toute la France, compromise par votre hérésie.
—Bien, voilà que nous attaquons la politique. Ah! Gabrielle, par grâce….
—Par grâce, sire, poursuivons ou rompons tout à fait.
La jeune fille prononça ces mots avec un accent de fermeté d'autant plus étrange que ses yeux s'étaient remplis de larmes. Le roi attendri, surpris en même temps, lui saisit la main.
—Vous vous égarez, dit-il, en des pensées qui jamais n'eussent dû habiter votre charmante tête. Croyez-moi, laissez au roi sa conscience, et ne vous en prenez qu'à la conscience de l'amant. Je vous jure, Gabrielle, que votre salut et le mien ne sont pas en danger….
—Ce n'est pas l'avis de tout le monde, sire.
—Ah! qui donc vous a donné son avis?
—Un bien saint homme….
—M. d'Estrées?
—Non, non. Mon père gémit comme tous les honnêtes gens, mais il n'accuse pas Votre Majesté; tandis que….