—Faites un traité qui ne m'engage point sans vous engager … Car je vous l'ai dit, une fille de ma race tient sa promesse, quand elle en devrait mourir. Faites de même, vous, un si grand roi! un héros!

—Alors, dictez.

—Merci, j'accepte. Oui, sire, il n'y a qu'un seul article possible.
Le voici:

«Entre très-haut et très-puissant seigneur Henri, quatrième du nom, roi de France et de Navarre, et Gabrielle d'Estrées, noble demoiselle, fille d'un bon et loyal serviteur du roi, a été convenu et juré ce qui suit:

Le jour où le roi aura fait solennellement et publiquement abjuration de la religion prétendue réformée, pour entrer dans le giron de l'Église catholique, apostolique et romaine….»

—Eh bien!… dit le roi enivré.

—Écrivez le reste, sire, balbutia Gabrielle en cachant son visage dans ses mains.

Et aussitôt son tendre coeur, ce coeur généreux s'emplit de sanglots qui débordèrent en larmes au travers de ses doigts de nacre.

Henri se précipita aux genoux de son idole.

—Vous inscrirez au traité, ajouta la jeune fille, que Gabrielle voulait sauver la France.