—Prenez donc ce billet, et si je meurs, brûlez-le immédiatement après que j'aurai rendu le dernier soupir; si je vis, rendez-le-moi; vous comprenez?

—Monsieur, je vous jure d'obéir à vos volontés; mais vous vivrez, dit
Pontis d'une voix brisée par la douleur.

—Raison de plus, prenez vite ma bourse, pour que ni M. de Crillon ni personne ne la voie ici et n'y découvre ce que je veux cacher.

—Brûlons le billet tout de suite, alors.

—Non pas! Je puis vivre, et en ce cas, j'en aurai besoin.

—Je comprends.

—Ni pour or, ni pour sang, ni demain, ni dans vingt années, ni vivant, ni mourant, vous ne donnerez cette lettre a d'autre qu'à moi!

—Je le jure! dit Pontis en saisissant la bourse, et je mourrai pour ce dépôt sacré comme je jure de mourir pour vous, si l'occasion m'en est offerte.

—Vous êtes un brave homme, merci. Cachez vite la bourse, quelqu'un vient.

XIX