—Comment cela, cadet?
—Vous voyez bien que j'aime tendrement M. Espérance, par conséquent il est inutile de me recommander du respect, c'est un sentiment moins fort que mon amitié.
—C'est assez bien répondu, dit Crillon en se tournant vers Espérance. Le drôle a du bon, je le crois. Seulement, pas d'écart! Que cette amitié-là soit disciplinée. Vous avez de l'amitié aussi pour moi, maître Pontis, je suppose?
—Certes, oui, mon colonel.
—Eh bien! cela ne vous empêcherait pas de m'obéir aveuglément?
—Au contraire.
—Voilà que nous nous entendons. Vous ferez pour le service de M. Espérance tout ce que vous feriez pour mon service ou celui du roi, c'est tout un.
Pontis s'inclina respectueusement.
—La consigne? dit-il avec un sérieux comique qui dérida le front d'Espérance et fit sourire Crillon lui-même.
—Assiduité dans cette chambre. Conduite irréprochable en ce couvent. Obéissance aux ordres du prieur, qui est, dit-on, un grand esprit et un bon coeur.