Le roi souriant ouvrit la porte qui donnait sur le corridor dans lequel se promenait en long et en large un religieux courbé comme par le poids austère de la méditation.

—Veuillez, mon cher frère, cria Henri, demander au révérend père prieur un moment d'entretien de la part du chevalier de Crillon.

Le moine s'inclina sans répondre et descendit par un escalier voisin.

—Mais, sire, dit Crillon, quand ils verront que ce n'est pas moi.

—Il sera trop tard pour s'en dédire.—Envoyez votre garde où vous savez. J'attends ici la réponse du prieur.

Crillon recommandait pour la millième fois la prudence à son maître, quand, dix minutes après, un enfant, au service des génovéfains, heurta doucement à la porte de la chambre et annonça que le révérend père prieur serait honoré de recevoir chez lui M. le chevalier de Crillon.

Henri, se leva, serra son ceinturon, s'assura que son épée jouait facilement dans le fourreau, abattit son large chapeau sur ses yeux jusqu'à moitié du visage, et suivit le jeune guide, après avoir pressé dans ses deux mains la vaillante main de son colonel des gardes.

Celui-ci courut porter la commission à Pontis.

Henri n'eut pas un long chemin à faire. Au bout du corridor, il trouva un petit degré particulier, lequel aboutissait à l'appartement du prieur, précédé d'un vestibule.

L'enfant poussa la porte d'une grande chambre dont les contrevents étaient soigneusement fermés; il annonça de sa petite voix M. le chevalier de Crillon, et sortit après avoir tiré sur lui deux portes.