—Et recevez tous nos regrets, ajouta Espérance. Nous vous avions pris pour un malfaiteur.

—Nous avions formé le projet de vous massacrer, monsieur, dit Pontis. Ce m'est une joie sensible de vous voir sain et sauf. Une seconde de plus vous étiez mort.

Nicolas d'Armeval de Liancourt se frotta, en souriant, les genoux et le dos.

—Vous êtes peut-être froissé? demanda Espérance.

—Je le crains. Mais cela se passera. Il me restera, messieurs, l'éternel plaisir d'avoir fait votre connaissance.

Et il se frotta la peau de plus belle.

—M. de Pontis, dit Espérance en présentant son ami, garde de Sa
Majesté, favori de M. le chevalier de Crillon.

Nicolas d'Armeval se leva pour saluer.

—Le seigneur Espérance, l'un des plus riches gentilshommes de France, dit Pontis à son tour.

—Qui regrette que sa blessure ne lui permette pas de vous saluer debout, ajouta Espérance avec sa riante et séduisante physionomie. Mais maintenant que nous vous connaissons mieux, pourrions-nous faire quelque chose qui vous fût agréable?