—Les Médicis sont habiles.
—Je le crois bien; des gens qui ont un million d'écus à M. Zamet!… A propos, quel caractère a-t-elle cette belle princesse-là!
—Je ne sais, et n'oserais dire.
—Vous devez savoir. Quelqu'un me racontait hier que vous avez chez vous sa soeur de lait, la fille de sa nourrice.
En parlant ainsi, Rosny attachait sur Zamet son oeil gris, d'une trempe à fouiller jusqu'au fond d'une âme.
—Vous savez tout, monsieur, répliqua le Florentin en s'inclinant.
—Tout ce qui peut intéresser mon maître, oui, cher monsieur Zamet. Ainsi, voyez comme tout cela s'enchaîne sans effort. Mettez les unes au bout des autres nos suppositions de tout à l'heure: la rupture du roi avec la belle Gabrielle, ses passe-temps avec tous les masques qu'on lui fera trouver; car on peut lui faire trouver de jolis masques, n'est-ce pas? Puis la dissolution du mariage avec Mme Marguerite; puis, nécessairement, un nouveau mariage. Et admirez comme votre princesse florentine vient s'adapter à tout cela avec ce million d'écus qui vous rapporteraient, soit un marquisat, soit un duché, soit de bons gros intérêts hypothéqués sur de bonnes terres.
—J'aime trop le roi, dit Zamet palpitant de joie, pour repousser toutes ces suppositions. Mais que de difficultés à vaincre.
—On dit votre petite compatriote un peu magicienne.
—C'est la maladie de notre pays.