—Voilà tout.

—Eh! alors le moyen est facile! s'écria le père Entragues. Il faut faire prendre ce misérable, et on le tuera comme un chien, n'est-ce pas, monsieur?

—Mon Dieu, je ne vois que cela, répondit M. d'Auvergne. Une fois mort, il ne dira rien au roi.

—Oh! monsieur, murmura Marie Touchet, ce la Ramée est un homme bien adroit. Il s'est arrangé sans aucun doute pour que son secret surnage. Il aura déposé quelque écrit bien détaillé, bien appuyé de preuves, entre les mains d'un complice qui le viendra produire après sa disparition.

—Ah! si vous craignez cela, dit M. d'Auvergne un peu découragé.

—Mais, hasarda le père, un papier n'est jamais fort quand un homme n'est plus là pour l'appuyer. Je persiste dans mon dire. Se débarrasser de la Ramée, c'est d'abord détruire un ennemi, et surtout c'est détruire celui qui veut épouser mademoiselle. Ses complices, s'il en reste après lui, ne seront pas des épouseurs; ils demanderont de l'argent, ou toute autre chose possible, on les satisfera, tandis que satisfaire la Ramée en lui donnant Henriette, c'est monstrueux.

—Soit: qu'on le tue, répliqua tranquillement M. d'Auvergne. Cela d'ailleurs arrange tout momentanément.

Marie Touchet prit un air encore plus désolé.

—Eh, messieurs, ce moyen même ne saurait être employé, dit-elle.

—Pourquoi? demandèrent les deux hommes.