—Vous les connaissez? demanda vivement le roi malgré la douleur de sa blessure.
Cette question renfermait tout le procès. La duchesse l'accepta bravement.
Avec de tels ennemis, elle ne pouvait faire longtemps la petite guerre.
—Sire, répondit-elle, connue pendant longues années pour une adversaire des rois de France, je ressemble à ces aimants qui attirent, dit-on, et le fer et l'orage, on oublie que j'ai eu le bonheur de me réconcilier avec Votre Majesté, on m'apporte tout ce qui est une plainte, un grief, une arme contre vous.
—Et elle s'en sert vilainement, harnibieu! grommela Crillon dans sa moustache.
—Il résulte, continua la duchesse sans feindre de remarquer l'étonnement où son audace jetait Sully et Henri lui-même, que ce la Ramée m'a communiqué, l'autre jour, toutes ses idées de race, toutes ses prétentions à la royauté. D'abord, je traitai cela de rêverie.
—D'abord, dit le roi. Mais ensuite?
—Je commence par affirmer au roi que ce la Ramée m'était étranger, que je m'intéressais à cette figure à cause de sa ressemblance avec un prince que j'ai connu, mais qu'en dehors de ce vague intérêt, je traitais la Ramée comme tous mes serviteurs et officiers de troisième ordre. Cependant, aussitôt qu'il m'eut révélé sa condition, qu'il m'eut fait voir ses titres….
—Il a des titres! s'écria Rosny.
—Sans doute, répondit froidement la duchesse. Sans cela, comment le croirait-on?
—-C'est juste, murmura Henri.