—Ma foi non, mais vous aviez bien l'air de conspirer tous ensemble.
—Ils me disaient: prendre un roi français, bien, Prendre M. de Guise, puisque M. de Mayenne nous abandonne, très-bien; mais que ce soit tout de suite, et qu'on nous délivre des Espagnols.
—Ils disaient cela?
—Faites-les venir, et ouvrez-vous-en à eux. Voilà les gens que vous dégoûtez en les éloignant. Souvenez-vous donc que vous êtes Française. La Lorraine est en France, duchesse!… Moi aussi, je suis Français, et vous vous liguez contre moi avec l'Espagnol.
—Écoutez donc, s'il est vrai que vous vouliez favoriser ce Béarnais….
—Propos de Feria! Eh bien! admettons cette absurdité. Mais lui, cet Espagnol, il va faire nommer son infante reine de France et coffrer votre neveu.
—Oh! nous verrons.
—Avec quoi le défendrez-vous, malheureuse aveugle quand toute la garnison sera espagnole? Comment! vous ne comprenez pas que je me tue à lui faire peur du fantôme de Henri IV, pour qu'il ait besoin de vous et de la Ligue? et voilà que d'un côté M. de Mayenne quitte Paris, et que de l'autre vous en livrez les clés à l'Espagne. Allons, faites comme vous voudrez; et puisque nous ne sommes plus amis, moi sans rien dire, je vais imiter M. de Mayenne, je vais faire mes paquets, et, une fois dehors, s'en tirera qui pourra.
En disant ces mots qui firent une impression profonde sur la duchesse, il tourna les talons et s'en alla rejoindre les quelques gardes qui l'accompagnaient.
Mme de Montpensier ayant réfléchi, poussa son cheval vers celui du duc, à qui elle dit: