Henriette avait pris la lettre pour la lire à l'écart. Aux premiers mots, elle poussa un petit cri de joie. Ce cri appelait Leonora près d'elle. Les deux jeunes femmes entrèrent dans une allée ombreuse qui les déroba un moment aux yeux de la Varenne.
—Sais-tu ce que le roi me propose, Leonora?
—Je m'en doute, dit la malicieuse Florentine; mais dites toujours.
—Une collation à Saint-Germain, ce soir.
—Oh! oh! que dirait M. d'Entragues? Collation… soir… Saint-Germain… Voilà trois terribles mots pour la vertu d'une seule fille!
Un sourire étrange d'Henriette prouva bien vite à Leonora que sa vertu était à l'épreuve de si misérables dangers.
—Je sais bien, répliqua l'Italienne, qui comprenait même le silence, je sais bien que vous n'aurez pas la maladresse d'accorder quelque chose avant la chute de votre rivale. Mais enfin, il y a danger. Et d'ailleurs, si la marquise vous faisait surprendre avec le roi?
—La marquise, Leonora, est partie ce matin de bonne heure pour Monceaux.
—Partie seule? dit l'Italienne.
—Sans doute, puisque le roi veut profiter de son absence pour m'offrir cette collation.