—Sire, dit-il, à Dieu ne plaise que je veuille faire payer à Votre Majesté les fautes que j'ai commises. C'est le vaincu qui paye, non le vainqueur.
—Il n'y a ici ni l'un ni l'autre, répliqua Henri avec douceur; nous sommes amis.
Et de courir.
—Eh bien, si nous sommes amis, sire, dit le duc rouge comme un coquelicot et pouvant à peine tourner sa langue desséchée, faites-moi la faveur de vous arrêter un moment, car je vais suffoquer si vous ne me faites miséricorde!
—Mon pauvre cousin! s'écria Henri en riant, voilà la seule vengeance que je veuille tirer de vous. Arrêtons nos jambes et nos comptes. Tenez, voici un bon siège de gazon, et remarquez que je vous ai ramené à deux pas du château où, dans les offices de la duchesse, je trouve en abondance ce joli vin d'Arbois que vous aimez tant. La paix, cousin; et pour en finir, quelle somme vous faut-il pour vous remettre à flot?
—Avec trois cent mille écus, sire, je payerai le plus gros; mais s'il y en avait trois cent cinquante…
—Nous ajouterons cinquante mille écus, mon cousin.
—Eh bien, sire, dit le duc joyeux, c'est tout.
—Donnez-moi la main, Mayenne, c'est fini.
Le duc s'essuya le visage en homme sauvé de la mort.