—Que va-t-il me dire? pensa Mayenne, surpris de l'air sérieux du roi après tant d'expansion et de familiarité amicale.

Henri, le front appuyé sur une de ses mains, semblait absorbé dans la préoccupation de trouver une entrée en matière convenable. Mayenne attendait les premières paroles, non sans une certaine anxiété.

—Vous me promettez de m'accorder ce que je vais vous demander, mon cousin, dit le roi.

—Si cela dépend de moi, sire, je le promets.

—Eh bien, c'est aussi facile que d'arracher cette mauvaise herbe, duc. Oui, vous arracherez ce mauvais souvenir du coeur de quelqu'un… mais je commence.

Mayenne était sur les épines.

—Mon cousin, j'avais près de moi, autrefois, un bon ami, un brave gentilhomme qui avait aussi servi mon frère, le feu roi Henri III. Bon ami, digne et excellent gentilhomme gascon…

—Qui s'appelait? demanda le duc.

—Je ne me rappelle pas bien son nom en ce moment, dit le roi avec un léger trouble, il me reviendra plus tard, et à vous aussi peut-être. Ce Gascon n'était pas heureux; il avait éprouvé au début de sa carrière un terrible malheur.

—Ah! fit le duc.