—Où donc le feu?

—Le chariot de foins s'est enflammé, on ne sait comment; la flamme a glissé par une fenêtre de la grange; tout brûle. Le mur qui borde la route n'est plus qu'un long cordon de feu.

—Fuyez! Espérance, dit Gabrielle au jeune homme.

—La cour est déjà pleine de gens assemblés, répliqua-t-il, ils vont monter ici, ils frappent en bas à la porte.

—J'ai fermé cette porte à double tour, interrompit Gratienne. Fuyez! fuyez! monsieur Espérance, j'emmènerai madame! le feu va gagner!

—Mais il n'y a qu'un passage pour elle, pour nous, n'est-ce pas Gratienne, et c'est la cour?

—Sans doute, monsieur; mais passez d'abord, personne ne vous remarquera.

—Vois donc tous ces visages inconnus qui guettent…. On me verra sortir d'ici, puis madame la duchesse; ma présence sera une accusation pour elle.

—Mais, Espérance, dit bravement Gabrielle, qu'importe qu'on vous voie, ne faut-il pas toujours que vous sortiez?

—C'est quelque piège qu'on nous aura tendu, murmura Espérance.