—Espérance!

—Certaine qu'elle était de triompher facilement, avec l'aide de la sensualité, de la paresse, de l'ivrognerie.

—Que signifient ces paroles?

—Que vous êtes un malheureux! que votre Indienne est une intrigante, que vous avez donné dans le panneau, malgré tous mes avertissements, malgré mes instances, que vous avez oublié promesses, serments, honneur!… que mon dépôt, recommandé à l'ami était dans les mains de l'insensé, de l'orgueilleux, de l'ivrogne!

—Oh!…

—Et que vous vous l'êtes laissé voler, non pas dans le sommeil voluptueux dont vous osez vous vanter; car l'Indienne ne vous a pas même fait ce triste honneur, mais dans la torpeur de l'ivresse… vice crapuleux qui chez vous noie un trop petit nombre de bonnes qualités.

—Espérance, dit Pontis pâlissant, vous m'insultez trop souvent….

—Taisez-vous! cria Espérance d'une voix de tonnerre; votre Ayoubani s'appelle Leonora Galigaï; elle est l'amie, la confidente de Mlle Henriette d'Entragues; on vous l'a dépêchée, un verre à la main, une bouteille de l'autre.

—Je jure Dieu….

—Ne jurez pas, n'ajoutez pas un blasphème à votre ignominie, ne jurez pas, vous dis-je, de peur que je ne vous appelle menteur après vous avoir appelé ivrogne! J'ai vu votre Ayoubani, je l'ai tenue dans cette main avec ses oripeaux, ses verroteries. Je vous ai tenu aussi, ivre, lourd, mort, soufflant le vin.