—Il y a promesse et promesse, murmura-t-il.
—Oh! s'ils se contentent à si bon compte, dit Henri avec enjouement… l'affaire est possible.
—Mais, sire, il ne s'agit pas d'eux, encore une fois. Eux, ce sont des gens à tromper, ce sont des gens à battre… trompez-les, battez-les, vous y gagnerez des indulgences, mais la pauvre demoiselle, aidez-la, sire, ou abandonnez-la tout à fait; laissez-la mourir de sa douleur, elle souffrira moins que de subir les persécutions de sa famille.
—À Dieu ne plaise qu'une si parfaite créature meure par mon inhumanité.
—Un semblant de secours, alors. Qu'elle ait vis-à-vis de ses persécuteurs une apparence de raison d'agir. Une promesse faite à elle, c'est son salut, c'est sa liberté, c'est le droit de voler dans les bras de son roi. Quand il s'agira plus tard de débrouiller le compte avec les parents, elle aidera Votre Majesté à leur rire au nez et à faire banqueroute. D'autant mieux que la dette ne se pourra payer, puisque Votre Majesté sera mariée ailleurs.
—Ce n'est pas absolument sot, dit Henri rêveur.
—Et ce sera éminemment charitable, sire; sans compter les bénéfices.
—Fouquet, si tu en parles, tu vas m'ôter le mérite de la charité, répliqua le roi du ton goguenard qu'il prenait pour toutes ces affaires, qui, au fond, lui tenaient tant à coeur.
—Je puis donc aller verser un peu de baume sur les plaies de cette belle amoureuse. Oh! sire, elle est capable d'en pâmer de joie.
—Ne m'engage pas trop!