La Varenne obéit. Plusieurs seigneurs attendaient dans la salle voisine, et furent admis près du roi.

C'étaient, avec les principaux de la cour, le comte d'Auvergne, qui présenta au roi M. d'Entragues, son beau-père. Les Entragues avaient enfin reçu une invitation pour Fontainebleau. M. d'Entragues fut parfaitement accueilli du roi, malgré le fin sourire qui ne quitta pas les lèvres de ce dernier pendant la présentation.

—Mais je ne vois point les dames, dit Henri en recherchant autour de lui.

—Sire, se hâta de répondre le comte d'Auvergne, ces dames, au retour de la chasse, ont eu leur carrosse versé et brisé dans le Bas-Bréau; elles voudraient obtenir de Votre Majesté quelques heures de repos.

—Elles ne dîneront pas? s'écria Henri.

—Je crains fort que leur estomac n'ait souffert de la chute comme tout le reste, répliqua en riant le jeune homme.

—Fâcheux contre-temps, dit le roi contrarié, les routes de cette forêt sont mauvaises, on s'y tue; espérons que j'aurai assez d'argent bientôt pour rendre les forêts habitables aux dames comme des jardins. Eh bien! j'excuse les dames d'Entragues; nous boirons à leur santé.

Et voyant que plusieurs des assistants le regardaient et cherchaient à pénétrer sa pensée, pour en faire des commentaires, peut-être des rapports,

—Heureusement, ajouta-t-il, la présence de Mme la duchesse nous dédommagera.

Il achevait à peine, non sans avoir remarqué le nuage que ces mots avaient répandu sur le front du père Entragues, lorsque M. de Beringhen, le premier valet de chambre du roi, entra et parla bas à Sa Majesté, dont les traits prirent aussitôt une vive expression de contrariété.