—Faites entrer la dame qui attend ici près, dit-il à l'huissier.

Henriette et M. d'Entragues se regardaient sans rien comprendre à toutes ces fluctuations d'un homme si net de sa nature. Ils entendirent le frôlement d'une robe aux panneaux du corridor, et l'Italienne Leonora apparut dans une parure aussi brillante que fièrement portée. Leonora chez Sully! Leonora grande dame! Henriette en poussa un cri de surprise, elle en eut le frisson.

L'Italienne regarda froidement, et sans paraître la connaître, celle qui, l'an passé, la protégeait, la payait et la chassait selon son caprice.

—Que désire monsieur de Sully de sa servante? dit-elle en français avec un accent toscan des plus marqués.

—Signora de Galigaï, voudriez-vous avoir l'obligeance de nous dire quel jour vous avez expédié l'acte à Florence?

—Le jour même où il a été signé, avant-hier, seigneur, dit Leonora les yeux fixés sur Henriette, que ce regard provocateur faisait pâlir.

—De quel acte s'agit-il donc! demanda M. d'Entragues.

—De l'acte de mariage, seigneur.

—De qui, s'écria Henriette le coeur défaillant?

Leonora d'une voix ferme: