—Crillon!… tiens, tant mieux, s'écria le roi en s'épanouissant; nous dînerons ensemble. Est-il seul?

—Il est avec ce beau jeune seigneur, si riche, à qui Votre Majesté a donné droit de chasse.

—Espérance, peut-être, dit le roi sans malice, et par conséquent sans regarder Gabrielle qui, à ce nom, sentit la flamme monter jusqu'à ses cheveux.

—Oui, sire, M. Espérance.

—Eh bien, montons à cheval pour les aller surprendre, dit le roi.
Voulez-vous, marquise? Il fait beau, et nous gagnerons de l'appétit.

—Volontiers, répliqua Gabrielle, dont le coeur battait de joie.

—Je vais prendre un habit de cheval et me botter, dit le roi. Viens, la
Varenne.

—Moi, je suis tout habillée, dit Gabrielle, et j'attendrai mon cheval en me promenant à ce bon soleil.

—Je vous demande quelques minutes, s'écria le roi. Hâtons-nous la Varenne, hâtons-nous, pour ne pas faire attendre la marquise.

Gabrielle, ivre d'un doux espoir, s'appuya sur la balustrade de pierre, inondée de lumière chaude, et remercia Dieu, dont la providence et la riche bonté n'éclatent nulle part aussi splendidement que dans ce lieu, la plus merveilleuse de ses oeuvres.