Quelques moments après il était à cheval, après avoir tenu lui-même l'étrier à la marquise, qu'il combla de prévenances et de délicates caresses, pour compenser sans doute l'infidélité de son incorrigible esprit.

Le roi et Gabrielle n'avaient pris avec eux qu'un seul écuyer et un page.
Henri connaissait tous les carrefours de la forêt et chassait bien.
Lorsqu'il se fut orienté, il piqua droit vers la chasse.

Rustaut et Cyrus, ces braves chiens, avaient attaqué un chevreuil, et, suivis de quelques autres, s'en donnaient à coeur joie sur les terres royales.

Henri coupa droit au milieu de la voie, et Gabrielle le suivit à quelque distance. L'écuyer à sa droite écartait les branches avec un épieu. Henri, courant au passage de l'animal, rencontra bientôt Crillon qui tendait à pied, l'arquebuse de chasse à la main, et lui cria:

—Oh! brave Crillon, ne prends pas le roi pour un chevreuil.

—Harnibieu! sire, la belle rencontre! dit le chevalier en courant les bras ouverts et l'oeil joyeux vers son maître.

Henri mit pied à terre aussitôt. A l'arçon du cheval de Crillon pendaient deux faisans et un lièvre.

—Ah! compagnon… voilà comme tu secoues mon gibier, dit le roi.

—Ce n'est pas moi, sire, je n'ai pas encore brûlé une amorce. C'est
Espérance. Voilà un tireur!

—Il dévastera mes domaines, dit le roi riant. Où est-il, que je lui fasse mon compliment?