— Chère, n'êtes-vous pas heureuse? N'avons-nous pas fait tout ce qui était en notre pouvoir pour vous plaire?

— Si, oh! si, fit un peu tristement Auberte, vous êtes bonne, vous m'aimez.

— Oui, fit simplement la mère.

— C'est à cause de moi que vous habitez Menaudru, vous et mon père; si je n'étais plus là…

La Comtesse, muette, regarda désespérément autour d'elle.

— Vous partiriez, acheva Auberte, n'est-il pas vrai? Ah! vous m'aimez beaucoup puisque vous ne pourriez pas vivre ici sans moi. Savez-vous, si je mourais, vous donneriez le château à Laurent.

Mme de Menaudru lui mit la main sur les lèvres et murmura, mais d'une voix presque paisible:

— Vous vous marierez, Auberte, et votre mari aura Menaudru.

Aube secoua la tête.

— Vous avez déjà refusé deux ou trois partis que votre père et moi avions jugés acceptables quoique vous soyez encore jeune; mais nous désirons vous établir de bonne heure: ce jeune baron de Paux vous semble destiné. Vous vivriez ici avec nous, il serait notre second fils.